Les smarts grid : un atout pour la transition énergétique

Que sont les smart grids ?

Le smart grid ou réseau électrique « intelligent » est un réseau communicant grâce à l’utilisation des technologies de l’informatique et de la télécommunication. Cette communication entre les différents points des réseaux permet de prendre en compte les actions de l’ensemble des acteurs du système électrique : producteurs d’énergie, distributeurs et consommateurs afin de maintenir une fourniture d’électricité efficace, durable, économique et sécurisée.

 

La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) indique que l’objectif du smart grid est d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande à tout instant avec une réactivité et une fiabilité accrues et d’optimiser le fonctionnement des réseaux. Le système électrique passe d’une chaîne qui fonctionne linéairement (des unités de production vers les consommateurs) à un système où l’ensemble des acteurs est en interaction.

Ainsi, le smart grid permet l’intégration de la production décentralisée de sources renouvelables à grande échelle et facilite la gestion de l’intermittence de certaines de ces énergies. Il contribue également à mettre en adéquation l’offre et la demande en mettant à la disposition du consommateur final des outils et services lui permettant de connaître sa consommation personnelle, et donc d’agir sur elle.

Un atout pour la transition énergétique

Depuis la signature du protocole de Kyoto en 1997, la Communauté européenne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. C’est dans ce cadre que le « Paquet Energie Climat » de l’Union européenne a été adopté en 2009 par le Parlement européen et le Conseil des Ministres. Il vise à réaliser l’objectif global des 3x20 à l’horizon 2020, soit :

  • Une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990

  • Une part de 20% d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique finale européenne d’ici 2020,

  • Une réduction de 20% de la consommation annuelle d’énergie primaire d’ici 2020 par rapport aux projections de la consommation énergétique pour 2020.

Cet objectif a été décliné au niveau national. La France s’est également engagée à diviser par 4 (facteur 4) ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990.

Pour atteindre ces objectifs, l’Europe doit s’engager dans une transition énergétique. Comme le souligne notamment la synthèse des travaux du débat national sur la transition énergétique de la France présentée par le Conseil National du Débat en juillet 2013, les smart grids sont un élément déterminant de cette transition.

En effet, en facilitant l’interaction de l’ensemble des acteurs : du consommateur au producteur en passant par les gestionnaires des réseaux électriques, les smart grids permettent :

  • Un fort développement des énergies renouvelables par une mutation des réseaux électriques et le développement du stockage,

  • Une réduction des émissions de CO2 grâce à une meilleure efficacité des réseaux et au développement de l’effacement diffus permettant de lisser la pointe de consommation et ainsi de réduire les émissions de pointe.

Une phase expérimentale précédant un large déploiement

Aujourd’hui, la Commission européenne soutient la R&D dans ce domaine ainsi que la mise en place d’expérimentation au travers de programmes-cadres de recherche et développement (PCRD). De nombreux projets expérimentaux de déploiement de smart grids à l’échelle d’un immeuble ou d’un quartier sont en cours. En France, on en compte plus de 60 soutenus par l’ADEME. Les premiers résultats sont attendus pour 2014-2015.

Suite à ces expérimentations, un large développement est envisagé. En effet, la directive européenne relative à l’efficacité énergétique d’octobre 2012 prévoit « qu’au moins 80 % des consommateurs devraient être équipés de systèmes intelligents de mesure d’ici 2020, si la mise en place de compteurs intelligents donne lieu à une évaluation favorable ».

Une réussite nécessitant la participation des consommateurs

Les expérimentations en cours montrent que l’intérêt du développement des smart grids est multiple. Comme déjà évoqué, ils permettent une intégration massive des énergies renouvelables, une meilleure efficacité du réseau en pilotant l’offre et la demande ainsi qu’une sécurité accrue. Ils donnent aux consommateurs le moyen de mieux gérer leur consommation d’électricité. Ils facilitent également l’accès aux collectivités territoriales à des données fiables sur les consommations d’électricité de leur territoire, données indispensables à l’élaboration des Plans Climat Energie Territoriaux.

Un maillon indispensable à l’atteinte de ces objectifs est la participation effective des consommateurs qui deviennent « consom’acteurs ». Le Japon, qui pilote plusieurs projets depuis 2010 déjà, a bien identifié le rôle du consommateur final et parle de « smart communities » plutôt que de smart grid, insistant sur la place centrale du consommateur aux côtés de la technologie.

Les expérimentations en cours soulèvent déjà de nombreuses questions :

  • Comment sensibiliser le consommateur, l’informer sur les actions possibles et le former aux outils à sa disposition ?

  • Quels outils (site internet, tablette dédiée…) et quelle interface facilitent l’adhésion et l’action du consommateur ?

  • Comment récompenser le consommateur qui accepte de s’effacer pour lisser la pointe électrique ?

Une gouvernance complexe

La réussite du smart grid nécessite la mise en place d’un système de gouvernance complexe impliquant l’ensemble des consommateurs (individuels, entreprises, gestionnaires de flottes de véhicules électriques…), les collectivités, les producteurs d’énergie, les distributeurs ainsi que des spécialistes de l’informatique et des télécommunications. Des questions liées à la sécurité informatique et à la gestion des données personnelles sont à l’étude.