L'ADEME publie son scénario Facteur 4

L'exercice de prospective publié par l'ADEME le 6 novembre 2012 conclut que la division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 est possible.


Partant de la demande en énergie, l'exercice a identifié les économies d'énergie possible (sobriété et efficacité énergétique) et s'est également intéressé à la part que pourraient représenter les énergies renouvelables.

 

Situation en 2030 :
Sans surprise, en continuité avec le Grenelle, l'effort en terme de maîtrise de l'énergie est à concentrer sur le bâtiment : rénovation de 500 000 logements par an d'ici à 2013, contruction de logements sobres dotés uniquement d'équipements performants.
Le résultat d'une telle politique est une baisse d’un tiers de la consommation d’énergie dans le résidentiel d’ici 2030 (soit 32,4 millions de tonnes équivalent pétrole, Mtep) et de -20% dans le tertiaire (soit 17 Mtep en 2030).

Concernant la mobilité, l'ADEME imagine des changements de comportements. On se déplace autant mais différemment : plus forte utilisation des services de mobilité (autopartage, covoiturage), des voitures électriques et hybrides et du vélo en ville.
Le résultat se traduit par une baisse d’environ 17% de la consommation totale des transports, qui tombe, en 2030, à 35,5 Mtep.

Quand à l'agriculture, en réduisant son utilisation d’intrants et en appliquant des règles de sobriété, elle parvient à réduire d'un quart sa consommation d'énergie finale.

L'industrie, dont les consommations ont déjà beaucoup été optimisées les réduira de peu. Des gains sont, tout de même, envisagés grâce à l'utilisation du recyclage et à l'amélioration de certains procédés de fabrication.

Lors de la conférence environnemental, le gouvernement a annoncé réduire la part du nucléaire pour qu'elle ne représente en 2025 que 50% de la production d'électricité. Cet objectif a été repris par l'ADEME. Le solde est produit par l’éolien (46 GW en 2030), l’hydraulique (stable), le photovoltaïque (33 GWc en 2030) et la production thermique classique: 14 GW de centrales au gaz et de turbines à combustion. Au total, en 2030, la France pourrait donc ne plus consommer que 121,9 Mtep: -20% par rapport à 2010.

 

Quelles prévisions pour 2050?
Grâce à la poursuite de l'effort sur le bâtiment, en 2050, l'ensemble du parc existant représentant 27 millions de logements a été rénové. Sa consommation a été réduite à 130 kilowattheures au mètre carré par an, tous usages confondus (chauffage, éclairage, cuisson, appareils électroniques divers). Les 9 millions de logements neufs construits entre 2010 et 2050 consomment, quant à eux, 100 kWh/m²/an.

En ce qui concerne la mobilité, les besoins diminuent de 20% du fait du vieillissement de la population, du développement du télétravail et des progrès techniques.

Dans le secteur de l'agriculture, il est prévu une diminution des consommations d'énergie et d'intrants ainsi qu'une réduction des espaces expliquées par une évolution de l'alimentation des Français privilégiant les fruits et les céréales et délaissant les viandes, le vin et les produits laitiers.

Les consommations de l'industrie restent stables.

Grâce à ces évolutions, une division par 2 des consommations d'énergie finale est envisagée atteignant 79,8 Mtep en 2050 contre 152,5 Mtep en 2010. La réduction de gaz à effet de serre associée nous montre que le Facteur 4 est bien accessible en 2050 : la France pourrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre à 150 millions de tonnes équivalent CO2, contre 563 MtCO2éq en 1990.