Changement climatique

Le rapport de synthèse du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) publié le 17 novembre 2007 indique que le réchauffement du système climatique est sans équivoque.

L'évolution du climat
La température à la surface de la Terre a augmenté de 0,74°C en moyenne depuis le début du siècle (entre 1906 et 2005 plus précisément). Le niveau de la mer s’est élevé de 1,8 mm/an depuis 1961 et de 3,1 mm/an depuis 1993, sous l’effet de la dilatation thermique et de la fonte des glaciers et de la banquise. L’étendue annuelle moyenne des glaces a également diminué avec un recul plus marqué en été.
Entre 1900 et 2005, les précipitations ont fortement augmenté dans l’est de l’Amérique du Nord et du Sud, dans le nord de l’Europe et dans le nord et le centre de l’Asie, tandis qu’elles diminuaient au Sahel, en Méditerranée, en Afrique australe et dans une partie de l’Asie du Sud. L'activité cyclonique a également été plus forte durant les dernières décennies.
De nombreux systèmes naturels sont impactés par ces changements rapides et notamment le réchauffement terrestre : des systèmes hydrologiques (ruissellement, crues précoces...), des écosystèmes terrestres (migration des espèces...).

Les causes de l'évolution du climat
D'après les experts constituant le GIEC, "On peut avancer avec un degré de confiance très élevé que les activités humaines menées depuis 1750 ont eu pour effet net de réchauffer le climat".
En effet, les émissions de gaz à effet de serre ont très fortement augmenté depuis l'époque pré-industrielle. Les rejets annuels de dioxyde de carbone (CO2) – le plus important gaz à effet de serre anthropique – ont progressé de 80 % environ entre 1970 et 2004. Cette hausse est dûe principalement à la forte utilisation de combustibles fossiles. Dans une moindre mesure, les changements d'affectation des terres et principalement la déforestation constituent une source de CO2 anthropique.

Les changements climatiques projetés et les effets attendus
Même si, grâce à des politiques volontaristes en terme de réductions des émissions, les concentrations de l’ensemble des GES et des aérosols étaient maintenues aux niveaux de 2000, l’élévation des températures se poursuivrait à raison de 0,1 °C environ par décennie.
Parmi les phénomènes régionaux anticipés, figurent notamment :

  • une contraction de la couverture neigeuse et de l'étendue des glaces de mer. Certains scénarios indiquent que les eaux de l’Arctique seraient pratiquement libres de glace à la fin de l’été d’ici la deuxième moitié du XXIe siècle;
  • une hausse très probable de la fréquence des températures extrêmement élevées, des vagues de chaleur et des épisodes de fortes précipitations;
  • une augmentation probable d’intensité des cyclones tropicaux;
  • une augmentation très probable des précipitations aux latitudes élevées.

En termes sociaux et économiques, ces changements climatiques auront un impact significatif. On peut noter:

  • en Afrique, vers la fin du XXIe siècle, l’élévation anticipée du niveau de la mer affectera les basses terres littorales fortement peuplées. Le coût de l’adaptation pourrait représenter 5 à 10 % du produit intérieur brut, voire plus. Dans certains pays, le rendement de l’agriculture pluviale pourrait chuter de 50 % d’ici 2020. On anticipe que la production agricole et l’accès à la nourriture seront durement touchés dans de nombreux pays, avec de lourdes conséquences en matière de sécurité alimentaire et de malnutrition.
  • La Grande Barrière de corail devrait subir une importante perte de biodiversité. Les écosystèmes polaires seront également fragilisé.
  • En Europe:
    • "On s’attend à ce que les changements climatiques amplifient les disparités régionales en matière de ressources naturelles et de moyens économiques. Au nombre des incidences négatives figurent un risque croissant d’inondations à l’intérieur des terres, une plus grande fréquence des inondations côtières et une érosion accrue (attribuable aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer).
    • Les régions montagneuses devront faire face au recul des glaciers, à la réduction de la couverture neigeuse et du tourisme hivernal ainsi qu’à la disparition de nombreuses espèces (jusqu’à 60 % d’ici 2080 dans certaines régions, selon les scénarios de fortes émissions).
    • Dans le sud de l’Europe, région déjà vulnérable à la variabilité du climat, les changements climatiques devraient aggraver la situation (températures élevées et sécheresse) et nuire à l’approvisionnement en eau, au potentiel hydroélectrique, au tourisme estival et, en général, aux rendements agricoles.
    • Les risques sanitaires liés aux vagues de chaleur et à la fréquence accrue des incendies devraient être amplifiés par les changements climatiques."


Atténuation et adaptation
Au niveau mondiale une politique forte d'atténuation doit être menée afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de limiter, par conséquent l'incidence sur le climat. L'identification des vulnérabilités et des stratégies d'adaptation devront être mise en place pour limiter les effets socio-économiques du changement climatique.

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